lundi 24 octobre 2016

Projection de "La Possédée"

Dans le cadre de l’UMAM vous êtes cordialement invités à assister le vendredi 28 octobre à 15 heures au Palais de l’Europe à Menton à la projection « La Possédée » avec Ludmilla Tchérina en présence du scénariste et réalisateur Eric Le Hung qui répondra à vos questions. *




Présenté une seule fois à la télévision en 1971, ce film a fait exploser l’audimat. Il s’appuie sur un fait réel, les possédées de Loudun et la chasse aux sorcières lancée par Richelieu. L’action alterne entre le cadre intime d’un couvent et la place publique. Eric Le Hung creuse au plus profond du monde intérieur de Ludmilla Tchérina pour en extraire des strates jusqu’ici inconnues. Par ses décors, les mouvements de la caméra, l’utilisation des couleurs, les effets optiques et sonores du phénomène de la possession (fictif ou pas), le réalisateur fait vivre une extraordinaire descente aux enfers des humains avec des images envoûtantes.

Vous pourrez ensuite visiter le troisième volet de l’exposition de l’UMAM qui fête ses 70 ans accompagnés par Simone Dibo-Cohen, présidente de cette association et commissaire des expositions à la Galerie d’art contemporain au rez-de-chaussée et à la Bibliothèque municipale.

*Eric Le Hung a réalisé six films pour le cinéma, 28 films pour la télévision, et des shows télévisés 


Entrée libre et gratuite merci de vous inscrire : Réservation Brigitte.chery@free.fr
ou tel 06 22 94 67 01

Palais de l’Europe 8 Avenue Boyer Menton

dimanche 23 octobre 2016

UMAM MENTON 3 : promenade photographique

Dernière des 15 expositions à l'occasion de la commémoration de la fondation de l'Union Méditerranéenne pour l'Art Moderne en 1946 par le docteur Raymond Thomas sous le parrainage d'Henri Matisse et Pierre Bonnard. C'est au palais de l'Europe de Menton, où se sont déroulées de nombreuses expositions de l'UMAM que Simone Dibo-Cohen a sélectionné les œuvres de 42 artistes. l'exposition est visible jusqu'au 31 janvier 2017.

  
Philippe Beaufils

  
Anthony Mirial
   
Luca Bray
Nicolas Rubinstein
  
Claudie Poinsard
Ge Feng
Gilbert Pedinielli
Laurence Aëgerther
Franta
Gérard Haton-Gauthier
Anna Chromi
Marc Gaillet
KKF
Val Giovanni
Helidou Shiyha
Corinne de Battista
Marc Alberghina
Stéphane Steiner
Jeanne de Petriconi
Gianfranco Meggiato
Jacques Godard
Cécile Andrieu
Cécile Andrieu
Patrick Frega
Jacqueline Matteoda
Myrian Klein
LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS DE L'UMAM :

Projection du film d'Eric Le Hung, "LA POSSEDEE" avec Ludmilla Tchérina
28 octobre à 15h au Palais de l'Europe de Menton  : 1er étage et accès gratuit.

Conférence sur l'art contemporain par Michel Sicard, professeur agrégé à la Sorbonne.
14 novembre au Palais de l'Europe de Menton - Accès gratuit

Les élèves photo de Menton
Vernissage le 3 décembre à 11h à l'espace Vision Future - Nice

Concert avec le compositeur Guy Reibel
17 décembre - Musée Cocteau - Menton

PHOTOS :  © Christian Gallo

dimanche 9 octobre 2016

Les trois dernières expositions commémorant les 70 ans de la création de l’UMAM

JEUDI 13 OCTOBRE de 16h à 21h

Nacer
Du 13 octobre au 12 novembre : Galerie Depardieu - 6 rue docteur Guidoni – Nice  

VENDREDI 14 OCTOBRE à 18h
HOMMAGE EXCEPTIONNEL DES ARTISTES AU DRAME DU 14 JUILLET DE NICE

Fran Sieffert

Michel Sicard

Mojgan Moslehi


Du 15 octobre au 13 novembre : Chapelle Sainte Elisabeth – Rue de l’Eglise Villefranche-sur-Mer



SAMEDI 22 OCTOBRE à 11h


MENTON – ACTE III

Laurence Aëgerther - Marc Alberghina - Cécile Andrieu - Corinne de Battista - Philippe Beaufils - Bernard Bezzina - Ivana Boris - Thomas Bossard – Luca Bray - Matteo Carassale - Anna Chromy - Davide Disca - Gérard Eppelé - Ge Feng – Franta - Val Giovanni - Patrick Frega - Marc Gaillet - Jacques Godard - Gérard Haton-Gauthier - Nicolas Hermann & Gabrielle Laurin – KKF - Miryan Klein - Roland Kraus - Fred Laverne - Carlo Maglitto - Gianfranco Meggiato - Jacqueline Matteoda - Anthony Mirial - Gérald Panighi - Gilbert Pedinielli - Jeanne de Petriconi - Claudie Poinsard - Jonathan Ribeiro - Nicolas Rubinstein - Olivier Schmidt - Victor Soren – Stéphane Steiner - Gérard Taride - Sabry Tchalgadjieff - Helidou Xhiyha





Du 22 octobre 2016 au 31 janvier 2017 : Galerie d’art contemporain – Palais de l’Europe – 8, avenue Boyer – Menton

CARTE BLANCHE À BEATRICE HEYLIGERS
Du 22 octobre au 12 novembre : l’Odyssée – Bibliothèque municipale – 8, avenue Boyer - Menton

mercredi 5 octobre 2016

Le festival du dessin de presse et de la caricature va ouvrir !

Le festival du dessin de presse et de la caricature revient comme chaque année à Saint-Jean-Cap-Ferrat et va probablement rencontrer un succès bien mérité. Mais cette année pas de pointures nationales car depuis Charly Hebdo elle sont sous surveillance policière permanente ce qui cause des désagréments aux visiteurs. Thierry Arsens a donc choisi des régionaux au talent incontestable et à l’humour ravageur sur le thème « J’aime ma planète ». Pendant trois jours seront exposées les créations sur ce thème avec les artistes bien sûr, les dessinateurs et même les enfants des écoles qui vont concourir. Dévoilons alors les dessinateurs qui vont participer :

BALLOUHEY : diplômé des Beaux Arts de Paris on voit ses dessins dans la presse nationale et internationale comme Le Monde ou The New yorker. Il est également l’auteur de nombreux albums.

BATTI : sculpteur, affichiste, illustrateur, ce Bastiais est un artiste engagé, compagnon de route du mouvement culturel corse. Sa définition : « Rire, réagir, réfléchir » !

BELTRAMO : journaliste, peintre, photographe. On l’entend régulièrement sur les ondes de France Bleu Azur. Il est le dessinateur officiel de nombreuses revues de la Côte.



BERTH : il se nomme ainsi car son premier dessin a été publié sur la Grosse Bertha. Christophe Bertin est originaire du Jura et on le retrouve sur Spirou et Siné mensuel.



BONFIM : un brésilien que l’on découvrira pour la première fois au festival. Il est maintenant installé sur la Côte et il est connu pour être l’auteur de recueils pour enfants.

DONEC : Son personnage fétiche, le petit matelot, lui est apparu lors d’un séjour à Porquerolles dans les années 70. Il va apparaître dans des fresques, accompagné de personnages minimalistes.

FARO : un Niçois passionné de sports et on le retrouve dans toutes les revues sportives, et dans l’Equipe, bien sûr ! Il est également le directeur artistique du fameux Almanach Vermot et l’auteur de plus de 15 albums de bandes dessinées.



FATHY : c’est un exilé d’Algérie installé à Marseille. Il est doué d’un humour satirique et caustique, et troque parfois son crayon contre une plume.

IOO : ce caricaturiste a installé son chevalet dans la rue. Il est spécialisé dans le monde de l’économie et de la finance et a remplacé Morchoise dans le journal Les Echos.

KRISTIAN : Qui ne le connait pas sur la Côte d’Azur ? Presse quotidienne, télévision, magazines et même des chars de Carnaval. Kristian vient même d’être sélectionné pour être le designer de 140 sculptures pour la Cop 21.




MOLINARI : c’est un véritable globe trotter du dessin de presse, hors normes et atypique. On le retrouve chaque soir sur Azur télé.

MOINE : Architecte de métier, il a pris gout à la caricature en s’amusant à dessiner. Il a été couvert de prix dans de nombreux festivals et expositions.

OLIVE : ce lorrain travaille à Fréjus et il est spécialisé dans la politique. Grinçant et caustique il est également reconnu dans la peinture numérique et vient d’être sélectionné pour l’exposition de l’UMAM au Palais de l’Europe de Menton.



PLACIDE : qui a oublié ses mises en image du mandat de Jacques Chirac et des riches heures de Nicolas Sarkozy. Mais rassurons-nous, il s’est attaqué à François Hollande depuis.

REDON : présent dans toute la presse nationale, ce passionné de rugby est aussi un auteur de livres et de pochettes de disques « Qu’est qu’elle a ma gueule ? », c’est lui !

RICOR : Ce Cagnois a fait parti du mythique journal Pilote et de là est parti vers des magazines internationaux. Il est l’auteur de plus de 700 portraits et caricatures et présentera son dernier recueil qu’il dédicacera pendant le festival.

SONDRON : ce belge est célèbre dans la communauté francophone de Belgique ; il avait obtenu le prix du public en 2014 à Saint jean Cap Ferrat.




WILLIS FROM TUNIS : enfin une femme, enseignante en arts plastiques et auteur de nombreux recueils sur la révolution dans son pays. Elle est même docteur honoris causa de l’université de Liège !




Ils vous attendent tous du 14 au 16 octobre à l’Espace Neptune de Saint Jean Cap Ferrat de 14 à 18 heures.

Le vernissage aura lieu à 16h30, le 14 octobre dans la salle des Néréides.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

lundi 3 octobre 2016

Hommage exceptionnel des artistes au drame du 14 juillet de Nice.


C’est dans le cadre des 70 ans de la fondation de l’UMAM que va ouvrir une exposition avec trois artistes, véritable hommage aux victimes et au drame qui a eu lieu le 14 juillet dernier à Nice. Cette exposition va se dérouler à la chapelle Saint Elisabeth de Villefranche-sur-Mer (tout près de l’église Saint Michel).
Trois artistes vont évoquer le drame en y apportant des espérances. Ils sont de renommée internationale.

LES CRIS DE L’AME DE LA BAIE DES ANGES
FRAN SIEFFERT

Cette ville que j’aime tant, a été recouverte par un nuage de tristesse et j’ai la sensation que les confettis de la baie des anges, symboles de fête et de gaîté, ont perdu leur couleur. J’ai alors imaginé que les âmes envolées en ce jour de 14 juillet sur la promenade des anglais, qui désormais restera jour de deuil et de fête nationale se soient à jamais enracinées dans la mémoire du lieu : la baie des anges, la promenade des anglais. J’ai le sentiment que le sol s’est approprié les âmes des défunts et mon travail de sculpteur n’est là que pour révéler une évidence. 


Ma démarche
Mon parcours de plasticienne est orienté vers la problématique de la trace, du blanc et de la fragmentation.

L’installation dans la Chapelle Sainte Elisabeth de Villefranche-sur-Mer
L’installation est composée d’une série de quatre-vingt six ailes blanches reposant sur des plaques de bois.
La dialectique de la catharsis de l’ange invite le spectateur à la rédemption dans le dépassement de son état d’objet. L’aile d’ange n’a pas été sculptée pour ressembler à un ange ; c’est l’âme du défunt qui lui a donné sa forme. C’est une sculpture que nous fait face, l’art a triomphé du mythe et de la réalité, il n’est pas seulement la représentation de quelque chose de plus élevé, d’une réalité supérieure, car l’art est lui-même.

L’irréel et le réel s’additionnent dans mon esprit, alors que le spectateur s’interroge sur l’objet du regard car il se trouve pris à son tour entre mythe et réalité. La question du sens de l’être porte une interrogation essentielle puisqu’elle se manifeste dans un Etre-là. Une identité que Jean Baptiste Pontalis a ainsi évoqué : « Il nous faut croiser bien des revenants, dissoudre bien des fantômes, converser avec bien des morts, donner la parole à bien des muets, à commencer par l’Infans que nous sommes encore, nous devons traverser bien des ombres pour enfin, peut-être, trouver une identité qui, si vacillante soit-elle, tienne et nous tienne »[1].
L’installation est l’assemblage de plusieurs choses en une seule, dont le nom n’existe pas, faisant appel à une notion intérieure, une vérité qu’il n’est possible de trouver qu’en silence. Ce nom que prendra l’ensemble est celui qu’apporte la venue de la vérité. Ici dans le cadre de cette exposition, c’est celui des victimes de l’insoutenable, dont la liste glaçante nous a été révélée.

Fran Sieffert

ALL MEMORY
MICHEL SICARD & MOJGAN MOSLEHI 

Cette exposition montre sur dix panneaux  de la Chapelle Sainte Élisabeth des toiles de la série Chambre noire (2016),  acrylique et huile sur toiles carrées de un mètre, des mots tracés en écriture majuscule étroite et qui seraient comme des concepts majeurs de nos vies : BEAUTY, ILLUSION, NIGHT, REALITY, LIGHTNESS, SILENCE... et MEMORY. Ces mots renversés  rendent au départ la lecture illisible. La couche de peinture noire qui couvre la surface joue à la fois comme enfouissement et comme révélateur de tensions impossibles à combler, sinon par ces mots étranges qui à la fois révèlent et bouchent la visibilité. Cette "obscure clarté" est l'oxymore même par quoi se déploie la clarté de notre vie, ses aspirations, ses croyances et ses idéaux. Il arrive que ces idéaux soient salvateurs ou dangereux.  Cette vision nous plonge dans le monde des doubles : des idéologies, des interprétations, des tensions... Ces fragments de nuit, sont éclairés par des parfois lambeaux de clarté argentée, ou bleuie, ou accompagnés d'autres oeuvres plus petites,  de cheminement, d'éblouissement, de rêve, qui sont comme des pas dans l'étrangeté des vies. C'est un travail de mémoire qui vient rendre hommage à tous ces élans arrêtés net, mais présents et bien vivants, même dans leur pur souvenir.


Michel Sicard, né en 1950 à Toulon (France) et Mojgan Moslehi, née en 1969 à Téhéran (Iran), vivent et travaillent à Paris. Ensemble, ils ont effectué depuis 2004 des projets d’exposition et de recherches et ont formé leur couple d’artistes en 2011. Leurs réalisations allient la peinture, le dessin et le livre d’artiste, la photo et la vidéo, l'installation et la performance.

Michel Sicard a obtenu la Bourse-résidence de la Villa Arson, au CNAC de Nice, en 1984 et a été lauréat du prix Fontenelle, organisé par le FRAC et la Ville de Rouen, en 1988. Connu pour mettre en relation écriture et peinture, notamment par ses "écrivures", une rétrospective de ses livres d’artiste est montrée à la Médiathèque Ceccano en Avignon, puis à la Bibliotheca Wittockiana à Bruxelles, en 1991-et 1992, et de ses dessins et peintures au Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô, en 1992-1993. Il a exposé aussi à Londres, Rome, New York, Berlin, Bratislava et en Asie, notamment à Séoul, Harbin et Pékin. Dans une démarche de géopoétique des lieux et des temps, il interroge aussi l'univers des énergies cosmiques, des flux, des forces sociales et politiques. Il est actuellement Professeur en Arts Visuels à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l'auteur d'une quarantaine de livres.


Mojgan Moslehi, artiste franco-iranienne, a été lauréate de la 3ème Biennale de Peinture contemporaine de Téhéran en 1995 et a réalisé la performance du vernissage de la 9ème Triennale d’Arts visuels de Lalit Kala , New Delhi, en 1997 et depuis a participé à de nombreuses expositions internationales. Ses œuvres se trouvent dans la collection du Musée d'Art contemporain de Téhéran et au Musée Niavaran.
Elle a obtenu une Bourse du Ministère de la culture et du Musée d’Art Contemporain de Téhéran et a séjourné à la Cité Internationale des Arts à Paris, en 2000-2003. Elle réside depuis à Paris. Elle est Docteur en Arts et Sciences de l’Art de l’Université de Paris 1, avec une thèse sur « L’art du Vide. La présence du Vide dans l’art contemporain » (soutenue en 2010).  

Après leur carrière personnelle Michel Sicard et Mojgan Moslehi  ont exposé en duo à Séoul, Bucarest, Bratislava, Harbin, Nankin, Pékin, Busan, Daegeon… Ils totalisent à eux deux une quarantaine d’expositions personnelles et cent soixante expositions collectives. Une cinquantaine d’œuvres sont dans les collections publiques. Depuis 2011 ils ont réalisé des œuvres de grand format, dans le cadre de projets comme Dark energy et Light gravity qui interrogent la propagation des énergies et matières sombres constituant l’univers tant physique que mental et leurs effets dans l’art.
www.sicard-moslehi.com

VERNISSAGE ET EXPOSITION

Exposition du 15 octobre au 13 novembre 2016.
Vernissage le vendredi 14 octobre à 18 heures.
Chapelle Sainte Élisabeth – rue de l’Église – Villefranche-sur-Mer

mercredi 28 septembre 2016

L'UMAM présente Nacer à la galerie Depardieu

NARS-EDDINE BENNACER “FLUCTUARE”

"Donne-moi tes pauvres, tes exténués, Tes masses innombrables aspirant à vivre libres, Le rebus de tes rivages surpeuplés, Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or !" - Le Nouveau Colosse, Emma Lazarus


L'écho de ces mots sortis des lèvres à peine ouvertes de la statue de la Liberté résonne encore à nos jours, témoin d'une promesse d'accueil sans âge adressée à une Humanité à la recherche d'un nouveau départ.
Phénomène aussi ancien que l’Humanité, le déplacement des lieux de vie des migrants est le sujet de Fluctuare, la nouvelle exposition de l'artiste Nasreddine Bennacer. L'artiste joue avec la notion du maintien à flot, à la fois symbole de survie et métaphore de précarité. Le spectateur se retrouve plongé dans un univers de signes qui insinuent le doute quant à la promesse d'un abri.

Passerelle entre le passé et le présent, entre l’individuel et le collectif, l'artiste souligne la nature éternelle et globale d'un phénomène inhérent à l'Histoire.
Touchant une pléthore de formes artistiques – dessin, peinture, sculpture, photo et installation vidéo – l'artiste illustre les problématiques autour de l'identité du migrant, coincée entre stéréotype et aliénation. Le narratif cède la place à l'allégorie, l'objet utilisé de tous est élevé à l'état de symbole.


L'expérience humaine a pour emblème un gilet de sauvetage qui surgit de la rigidité d'un bloc de marbre,
L'objet, dépouillé de sa fonction, met en question la possibilité réelle de rester à la surface, puis révèle le paradoxe entre secours et abandon.
L'attention se focalise sur l'identité culturelle face à la menace du stéréotype. Sur la surface d'un triangle de pré-signalisation, des symboles se reflètent à l'infini : l’Étoile de David, le Croissant de Lune et la Croix.
Comme un avertissement adressé au spectateur, reflet de sa réflexion, mis en garde contre son propre jugement, contre la signification éphémère de ces symboles, vestiges d'une identité figée. Cette expérience cathartique nous invite à prendre conscience de la relativité des mécanismes d'identification sociale.
L'expérience individuelle se noie dans le collectif historique : des lucioles qui franchissent la frontière américano-mexicane nous rappellent le caractère global d'un exode au delà de toute limite géographique.
Une série de vidéos nous guide du réalisme à l’allégorie en fixant la répétition d'un mouvement éternel : une bouée bercée par la mer, l'oscillation rythmique d'une balançoire, les pirouettes d'une fille qui danse.
La répétition de ces instants infinis reflète la progression d'un temps cyclique, évoquant le pantha-rei héraclitien : tout coule, l'histoire se répète. Le flot du temps, le mouvement de la nature et le déplacement des êtres humains trouvent une communion dans l’œuvre polymorphe de cet artiste, comme des engrenages nécessaires d'un mécanisme vital.?

Elisabetta Garletti



Nasr-eddine Bennacer (Algérie, 1967) vit et travaille à Paris depuis plus de 20 ans.
L'artiste s’interroge sur l’évolution des relations entre les civilisations, les cultures et sur la part d’ambiguïté qui existe dans les jeux relationnels entre les hommes.
Ses questionnements se concentrent sur les formes de manipulation et d’exploitation des conflits aussi bien à niveau individuel que global : l’agresseur est–il toujours celui qui montre sa force ou bien d’autres enjeux politiques et économiques interfèrent-ils sur le sensible et l’intelligible, créant ainsi une tension entre une idéologie et son application ? Nasr-eddine Bennacer expérimente et mélange techniques et supports: il passe du dessin à la sculpture, de la peinture sur plexiglas aux installations, selon le médium qui est le plus apte à décrire sa pensée. Il écrit et traduit d’un trait instinctif et tranchant ses observations par rapport à des contextes qui interpellent par leur complexité et bouleversent par la violence qui parfois les caractérisent. Derrière une esthétique minutieuse et souvent poétique, l’artiste dénonce un monde de plus en plus rationalisé et manipulé. 
Du 13 octobre au 12 novembre : Galerie Depardieu - 6 rue docteur Guidoni - Nice
VERNISSAGE : JEUDI 13 OCTOBRE 16h - 21 h

mardi 20 septembre 2016

Quand l’UMAM habille d’art contemporain la ville de Menton

Menton, sa promenade en bord de mer, son soleil, ses jardins, ses musées, sa vieille ville et ses petites places et chapelles, et son incontournable et si célèbre fête du citron… Cà vous connaissiez déjà ! Mais si votre dernier passage date un peu, retournez-y ! Vite !

Vous allez être étonné, surpris pour le moins, séduit certainement, époustouflé peut-être… Car depuis le 4 juin l’UMAM (L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne fondée en 1946 par Jean Cassarini et le Docteur Thomas, sous la présidence d’honneur d’Henri Matisse et de Pierre Bonnard) y célèbre, avec la complicité de son maire et de son équipe, les 70 ans de son existence en créant l’événement culturel 2016 de la Côte d’Azur en matière d’art contemporain.


Suivez le défilé de sculptures qui parcourt la ville au départ du parvis du musée Jean Cocteau et de l’esplanade Francis Palmero jusqu’aux jardins Biovès, avant d’arriver aux jardins du Palais Carnolès et du premier étage de son musée qui vous réserve en bouquet final un feu d’artifice de créations.

Plus d’une quarantaine d’artistes et leurs 150 œuvres ont accepté l’invitation de l’UMAM et de la ville heureuse de renouer avec sa vocation culturelle d’avant-garde.

Des plasticiens déjà connus et reconnus en côtoient d’autres qui sans nul doute le deviendront par leur immense talent.

Avec des œuvres monumentales (une baleine échouée, un gorille égrenant le nombre de ses congénères encore vivants, une toupie fatiguée, un nain géant marchant dans les fleurs, une envolée de carrés de tôle rouillée comme une nuée de papillons, une plume géante grattant le ciel au gré du vent…) et d’autres qui le sont un peu moins, plus intimistes, plus minimalistes, mais tout aussi puissantes. Mises en valeur par l’environnement où elles sont implantées provisoirement, de bord de mer en jardins, et le donnant à découvrir autrement.


Jusqu’au musée des Beaux Arts du Palais Carnolès et de ses salons du premier étage au décor XVIIIème, ornés de dorures, de tentures, de lustres et de meubles d’époque, de tableaux évidemment, et habités nouvellement, pour l’occasion, d’œuvres de notre temps, dessins, peintures, installations et vidéos, et sculptures encore. Dans une mise en scène originale, extraordinairement subtile et intelligente qui rend beaucoup moins infranchissable qu’on se plait à le dire souvent, le fossé entre l’art d’avant et celui d’aujourd’hui.

Les salons bruissent de murmures d’œuvres qui chuchotent entre elles, de dialogues improbables et qui s’élaborent néanmoins presque naturellement par le fait de cette proximité voulue dans l’idée que l’histoire de l’art est une véritable histoire qui se perpétue et continue de s‘écrire en racontant le monde, encore et toujours.


Car c’est bien avant tout cela cette exposition de l’UMAM. Des artistes contemporains qui observent avec lucidité leurs contemporains, leurs combats et leurs dérives, dressent des constats parfois inquiétants, et les écrivent chacun de leur langage plastique personnel pour marquer notre conscience. Avec le but de nous faire réagir dès lors que nous ne nous refusons pas à nous attarder un peu pour regarder et nous regarder, pour écouter et nous entendre.

Quelques-uns, enfermés dans leur petite routine ennuyeuse et leur quotidien sécurisé si confortable, ne verront là que pure provocation et art dégénéré. On connaît la chanson. Mais beaucoup, comme je le suis, seront marqués sensiblement, affectivement, intellectuellement par la beauté des œuvres, leur densité, leur message et la virtuosité de leur créateur.

Tout est esthétique. Rien n’est gratuit et tout est lisible.

Jusqu’au 28 septembre vous pouvez découvrir cette extraordinaire exposition et la manière magistrale dont Simone Dibo-Cohen, Présidente de l’UMAM a habillé, façon haute couture, avec goût et talent, la belle ville de Menton.

Je ne me permettrai pas de décerner quelque prix que ce soit… Comme moi vous le ferez certainement, secrètement. Chacun d’entre vous, avec sa sensibilité, son affectif et son histoire aura ses coups de cœur. Mais ce que je peux vous certifier, après avoir passé une demi journée, trop courte, à m’immerger dans la création contemporaine proposée par l’UMAM, c’est que le détour vous éblouira parfois et vous enrichira certainement.

La liste des artistes présentés est consultable sur le site de l’UMAM, tout comme les reportages photographiques, articles et vidéo consacrés à cet événement.

Dominique TARDLER (Photos © Tardler)

lundi 19 septembre 2016

Avec « Syrie… », Héléna Krajewicz et Rob Rowlands marquent profondément l’art contemporain à l’UMAM et nous plongent dans l’actualité.


Ils avaient impressionné en 2014 la biennale de l’UMAM en faisant crouler les colonnes de la cour centrale du Château-musée de Cagnes-sur-Mer.  Cette année ils remportent un grand succès avec leur installation-sculpture « Syrie… », terriblement d’actualité, installée dans le Palais-Musée Carnolès à Menton. Mais laissons leur la parole avec les deux films qu’ils ont réalisés et qui présentent leur œuvre :

S Y R I E…

Des milliers d’êtres humains sont tués en Syrie ; des millions sont privés de tout, de leurs lieux de vie et de leurs ressources, de leur destin. Pour eux, tout  s’écroule.  C’est une dévastation. L’exode. Le Chaos.  A la radio, sur nos écrans de télé, des images insoutenables, des témoignages d’immense détresse nous parviennent de ces zones à la fois proches et lointaines. Mais la réalité telle qu’elle est vécue, inhumaine, brutale, nous échappe en grande partie.
Nous sommes bouleversés, effarés, révoltés par ce qui se passe. Comment aider, comment transmettre notre ressenti, notre perception sinon par l’art ? 

Nous avons fait le choix d’une double installation avec projection d’images sur des supports différents et significatifs : une construction/sculpture  en carton et des voiles transparents suspendus.


- Une « ville » en cartons déchirés construits/déconstruits pour dire la fragilité de nos existences, face à la guerre.  Le marché d’Alep, si vivant autrefois, est en ruines. Pour dire aussi que ces villes autrefois magnifiques, même  bombardées, sont encore, en partie, « debout ». (Alep, Homs, Ma’lûla, Palmyre etc...).



- Des voiles transparents : quelques « images » sur la guerre traversent  l’espace, notre espace-temps, nous parviennent et s’effacent. Le pétrole, nerf de la guerre, omniprésent dans la région, est pompé, transporté, transformé en dollars et … de nouveau en armes de destruction contre la population. Ce qu’on voit rarement sur nos écrans.

Les images sont là pour nous « dire », comme le chanteur de Yarmouk sur son piano désaccordé,  le désarroi  de ceux qui fuient et n’ont plus rien, de ceux qui restent et tentent de survivre.  Ayham Ahmed, cette voix de l’espoir, a bravé la guerre et la mort tant qu’il a pu, chaque jour, jusqu’à la destruction de son piano par Daesh.

Patrimoine du futur

Brigitte Chéry a écrit également quelques lignes concernant cette installation :

Les journées du Patrimoine, une occasion de découvrir les trésors du Musée des Beaux–Arts de Menton présentés en harmonie avec l’actuelle exposition d’art contemporain de l’UMAM pour fêter ses 70 ans : de jeunes artistes et d’autres déjà célèbres, peut- être le patrimoine du futur !
Déjà dans le jardin du Palais Carnolès, parmi la collection du musée, vous découvrez les sculptures choisies par l’UMAM, vous ne manquerez pas la toupie de Stefano Bombardieri, mais aussi les œuvres de Valdelièvre, KKF, Pierre Manzoni, Stephan Chavanis, Jacky Coville… et ferez d’autres étapes-découvertes en vous promenant.
A l’entrée du musée, accueil avec une magnifique sculpture de Tasic, puis une trentaine de beaux dessins de Jean-Marie Cartereau, un monde animalier plumes, poils, pigments et crayon sur papier d’Arches accompagne la montée d’escalier. Vidéo projection, photographie, dans chacune des salles, des œuvres fortes. Stefano Bombardieri, Herman Muys, Evelyne Galinski et Jean-Claude Borowiak, Elsa Ghossoub, Martin Hollebecq, Nasr-Eddine Bennacer, Antony Mirial, KKF, Fran Sieffert, Victor Soren…
Une installation parmi la cinquantaine d’artistes occupe une place toute particulière dans l’exposition sur un thème sous- jacent dans la création de plusieurs artistes. Suite à leur exposition Chaos à la galerie l’Entrepôt Daniel Boeri à l’été 2015, Héléna Krajewicz et Rob Rowlands poursuivent leur travail éphémère sur la Syrie, sur les pays en guerre et présentent une installation-vidéo très réussie sur le côté humain de la souffrance, sans voyeurisme avec des images triées, projetées et adoucies par des voiles.   

Voiles blancs…Lorsque la guerre entre dans les ors du musée, chaque jour des milliers de déplacés. Comment parler de leur détresse ?   
 
Propos : représenter à notre manière ce rapport que nous avons avec les informations qui nous arrivent sans montrer l’abominable. Ne pas faire un reportage sur la géopolitique et la guerre même. Faire réfléchir au trop plein d’images qui ne touchent plus. 
Pour le visiteur : prendre le temps de regarder, on est dans le questionnement, l’argent, le pétrole, mais au-delà  

Dans des pays sans issue, ce chanteur est le symbole de la résistance si elle est possible 

La marche des émigrés, les frontières, la survie, distanciation avec les voiles, 

Destruction des villes, des maisons, les briques de leur terre s’effondrent 

Le marché d’Alep, Homs, Maaloula… maisons et humains mêlés dans la destruction, Helena et Rob parlent du côté humain sans montrer l’insupportable comme font, disent-ils, les charognards, reporters de guerre qui mettent en scène leurs photos.
Des émotions, des sensations, de l’esthétisme tout au long de cette belle exposition de plus d’une cinquantaine d’artistes à suivre ou à découvrir avec des propos différents mais compréhensibles, souvent teintés par leur engagement personnel ou marqués par l’histoire de l’art et qui donnent matière à réflexion. 

Les expositions, anniversaire des 70 ans de l’UMAM, Episode 2, Simone Dibo-Cohen commissaire de ces expositions, se terminent le 28 septembre 2016 / Sculptures dans les jardins de Menton et exposition Musée des Beaux- Arts, et jardin du Palais Carnolès 3, avenue de la Madone Menton
Prochain rendez-vous Episode 3, le 22 octobre 2016 au 31 janvier 2017 Au Palais de l’Europe Galerie d’art Contemporain et Bibliothèque de la ville de Menton  

Brigitte Chéry - Photos Béatrice Heyligers