mardi 20 septembre 2016

Quand l’UMAM habille d’art contemporain la ville de Menton

Menton, sa promenade en bord de mer, son soleil, ses jardins, ses musées, sa vieille ville et ses petites places et chapelles, et son incontournable et si célèbre fête du citron… Cà vous connaissiez déjà ! Mais si votre dernier passage date un peu, retournez-y ! Vite !

Vous allez être étonné, surpris pour le moins, séduit certainement, époustouflé peut-être… Car depuis le 4 juin l’UMAM (L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne fondée en 1946 par Jean Cassarini et le Docteur Thomas, sous la présidence d’honneur d’Henri Matisse et de Pierre Bonnard) y célèbre, avec la complicité de son maire et de son équipe, les 70 ans de son existence en créant l’événement culturel 2016 de la Côte d’Azur en matière d’art contemporain.


Suivez le défilé de sculptures qui parcourt la ville au départ du parvis du musée Jean Cocteau et de l’esplanade Francis Palmero jusqu’aux jardins Biovès, avant d’arriver aux jardins du Palais Carnolès et du premier étage de son musée qui vous réserve en bouquet final un feu d’artifice de créations.

Plus d’une quarantaine d’artistes et leurs 150 œuvres ont accepté l’invitation de l’UMAM et de la ville heureuse de renouer avec sa vocation culturelle d’avant-garde.

Des plasticiens déjà connus et reconnus en côtoient d’autres qui sans nul doute le deviendront par leur immense talent.

Avec des œuvres monumentales (une baleine échouée, un gorille égrenant le nombre de ses congénères encore vivants, une toupie fatiguée, un nain géant marchant dans les fleurs, une envolée de carrés de tôle rouillée comme une nuée de papillons, une plume géante grattant le ciel au gré du vent…) et d’autres qui le sont un peu moins, plus intimistes, plus minimalistes, mais tout aussi puissantes. Mises en valeur par l’environnement où elles sont implantées provisoirement, de bord de mer en jardins, et le donnant à découvrir autrement.


Jusqu’au musée des Beaux Arts du Palais Carnolès et de ses salons du premier étage au décor XVIIIème, ornés de dorures, de tentures, de lustres et de meubles d’époque, de tableaux évidemment, et habités nouvellement, pour l’occasion, d’œuvres de notre temps, dessins, peintures, installations et vidéos, et sculptures encore. Dans une mise en scène originale, extraordinairement subtile et intelligente qui rend beaucoup moins infranchissable qu’on se plait à le dire souvent, le fossé entre l’art d’avant et celui d’aujourd’hui.

Les salons bruissent de murmures d’œuvres qui chuchotent entre elles, de dialogues improbables et qui s’élaborent néanmoins presque naturellement par le fait de cette proximité voulue dans l’idée que l’histoire de l’art est une véritable histoire qui se perpétue et continue de s‘écrire en racontant le monde, encore et toujours.


Car c’est bien avant tout cela cette exposition de l’UMAM. Des artistes contemporains qui observent avec lucidité leurs contemporains, leurs combats et leurs dérives, dressent des constats parfois inquiétants, et les écrivent chacun de leur langage plastique personnel pour marquer notre conscience. Avec le but de nous faire réagir dès lors que nous ne nous refusons pas à nous attarder un peu pour regarder et nous regarder, pour écouter et nous entendre.

Quelques-uns, enfermés dans leur petite routine ennuyeuse et leur quotidien sécurisé si confortable, ne verront là que pure provocation et art dégénéré. On connaît la chanson. Mais beaucoup, comme je le suis, seront marqués sensiblement, affectivement, intellectuellement par la beauté des œuvres, leur densité, leur message et la virtuosité de leur créateur.

Tout est esthétique. Rien n’est gratuit et tout est lisible.

Jusqu’au 28 septembre vous pouvez découvrir cette extraordinaire exposition et la manière magistrale dont Simone Dibo-Cohen, Présidente de l’UMAM a habillé, façon haute couture, avec goût et talent, la belle ville de Menton.

Je ne me permettrai pas de décerner quelque prix que ce soit… Comme moi vous le ferez certainement, secrètement. Chacun d’entre vous, avec sa sensibilité, son affectif et son histoire aura ses coups de cœur. Mais ce que je peux vous certifier, après avoir passé une demi journée, trop courte, à m’immerger dans la création contemporaine proposée par l’UMAM, c’est que le détour vous éblouira parfois et vous enrichira certainement.

La liste des artistes présentés est consultable sur le site de l’UMAM, tout comme les reportages photographiques, articles et vidéo consacrés à cet événement.

Dominique TARDLER (Photos © Tardler)

lundi 19 septembre 2016

Avec « Syrie… », Héléna Krajewicz et Rob Rowlands marquent profondément l’art contemporain à l’UMAM et nous plongent dans l’actualité.


Ils avaient impressionné en 2014 la biennale de l’UMAM en faisant crouler les colonnes de la cour centrale du Château-musée de Cagnes-sur-Mer.  Cette année ils remportent un grand succès avec leur installation-sculpture « Syrie… », terriblement d’actualité, installée dans le Palais-Musée Carnolès à Menton. Mais laissons leur la parole avec les deux films qu’ils ont réalisés et qui présentent leur œuvre :

S Y R I E…

Des milliers d’êtres humains sont tués en Syrie ; des millions sont privés de tout, de leurs lieux de vie et de leurs ressources, de leur destin. Pour eux, tout  s’écroule.  C’est une dévastation. L’exode. Le Chaos.  A la radio, sur nos écrans de télé, des images insoutenables, des témoignages d’immense détresse nous parviennent de ces zones à la fois proches et lointaines. Mais la réalité telle qu’elle est vécue, inhumaine, brutale, nous échappe en grande partie.
Nous sommes bouleversés, effarés, révoltés par ce qui se passe. Comment aider, comment transmettre notre ressenti, notre perception sinon par l’art ? 

Nous avons fait le choix d’une double installation avec projection d’images sur des supports différents et significatifs : une construction/sculpture  en carton et des voiles transparents suspendus.


- Une « ville » en cartons déchirés construits/déconstruits pour dire la fragilité de nos existences, face à la guerre.  Le marché d’Alep, si vivant autrefois, est en ruines. Pour dire aussi que ces villes autrefois magnifiques, même  bombardées, sont encore, en partie, « debout ». (Alep, Homs, Ma’lûla, Palmyre etc...).



- Des voiles transparents : quelques « images » sur la guerre traversent  l’espace, notre espace-temps, nous parviennent et s’effacent. Le pétrole, nerf de la guerre, omniprésent dans la région, est pompé, transporté, transformé en dollars et … de nouveau en armes de destruction contre la population. Ce qu’on voit rarement sur nos écrans.

Les images sont là pour nous « dire », comme le chanteur de Yarmouk sur son piano désaccordé,  le désarroi  de ceux qui fuient et n’ont plus rien, de ceux qui restent et tentent de survivre.  Ayham Ahmed, cette voix de l’espoir, a bravé la guerre et la mort tant qu’il a pu, chaque jour, jusqu’à la destruction de son piano par Daesh.

Patrimoine du futur

Brigitte Chéry a écrit également quelques lignes concernant cette installation :

Les journées du Patrimoine, une occasion de découvrir les trésors du Musée des Beaux–Arts de Menton présentés en harmonie avec l’actuelle exposition d’art contemporain de l’UMAM pour fêter ses 70 ans : de jeunes artistes et d’autres déjà célèbres, peut- être le patrimoine du futur !
Déjà dans le jardin du Palais Carnolès, parmi la collection du musée, vous découvrez les sculptures choisies par l’UMAM, vous ne manquerez pas la toupie de Stefano Bombardieri, mais aussi les œuvres de Valdelièvre, KKF, Pierre Manzoni, Stephan Chavanis, Jacky Coville… et ferez d’autres étapes-découvertes en vous promenant.
A l’entrée du musée, accueil avec une magnifique sculpture de Tasic, puis une trentaine de beaux dessins de Jean-Marie Cartereau, un monde animalier plumes, poils, pigments et crayon sur papier d’Arches accompagne la montée d’escalier. Vidéo projection, photographie, dans chacune des salles, des œuvres fortes. Stefano Bombardieri, Herman Muys, Evelyne Galinski et Jean-Claude Borowiak, Elsa Ghossoub, Martin Hollebecq, Nasr-Eddine Bennacer, Antony Mirial, KKF, Fran Sieffert, Victor Soren…
Une installation parmi la cinquantaine d’artistes occupe une place toute particulière dans l’exposition sur un thème sous- jacent dans la création de plusieurs artistes. Suite à leur exposition Chaos à la galerie l’Entrepôt Daniel Boeri à l’été 2015, Héléna Krajewicz et Rob Rowlands poursuivent leur travail éphémère sur la Syrie, sur les pays en guerre et présentent une installation-vidéo très réussie sur le côté humain de la souffrance, sans voyeurisme avec des images triées, projetées et adoucies par des voiles.   

Voiles blancs…Lorsque la guerre entre dans les ors du musée, chaque jour des milliers de déplacés. Comment parler de leur détresse ?   
 
Propos : représenter à notre manière ce rapport que nous avons avec les informations qui nous arrivent sans montrer l’abominable. Ne pas faire un reportage sur la géopolitique et la guerre même. Faire réfléchir au trop plein d’images qui ne touchent plus. 
Pour le visiteur : prendre le temps de regarder, on est dans le questionnement, l’argent, le pétrole, mais au-delà  

Dans des pays sans issue, ce chanteur est le symbole de la résistance si elle est possible 

La marche des émigrés, les frontières, la survie, distanciation avec les voiles, 

Destruction des villes, des maisons, les briques de leur terre s’effondrent 

Le marché d’Alep, Homs, Maaloula… maisons et humains mêlés dans la destruction, Helena et Rob parlent du côté humain sans montrer l’insupportable comme font, disent-ils, les charognards, reporters de guerre qui mettent en scène leurs photos.
Des émotions, des sensations, de l’esthétisme tout au long de cette belle exposition de plus d’une cinquantaine d’artistes à suivre ou à découvrir avec des propos différents mais compréhensibles, souvent teintés par leur engagement personnel ou marqués par l’histoire de l’art et qui donnent matière à réflexion. 

Les expositions, anniversaire des 70 ans de l’UMAM, Episode 2, Simone Dibo-Cohen commissaire de ces expositions, se terminent le 28 septembre 2016 / Sculptures dans les jardins de Menton et exposition Musée des Beaux- Arts, et jardin du Palais Carnolès 3, avenue de la Madone Menton
Prochain rendez-vous Episode 3, le 22 octobre 2016 au 31 janvier 2017 Au Palais de l’Europe Galerie d’art Contemporain et Bibliothèque de la ville de Menton  

Brigitte Chéry - Photos Béatrice Heyligers

mercredi 7 septembre 2016

Cécile Andrieu chez Depardieu

Née en 1956 à Charleville-Mézières (Ardennes). Vis à Kanazawa (Japon).

La rencontre fortuite avec l’oeuvre de l’artiste japonais Arakawa Shusaku dont je fais l’objet de ma maîtrise d’arts plastiques (université d'Aix-Marseille I / 1980) me fait découvrir la culture japonaise. En 1982, boursière du gouvernement japonais puis de la Fondation du Japon, j'entreprends des études linguistiques et esthétiques à l'université de Tokyo qui aboutiront à un Doctorat de 3e cycle d’arts plastiques (université Paris I - Panthéon Sorbonne, 1986). C’est là l’amorce d’une réflexion sur la relation homme - espace - langage ciblée ensuite de plus en plus sur le mot, qui donnera lieu à une nouvelle production artistique.

Y a-t-il moyen de voir le monde sans être influencé par les mots? Comment percer "l'épaisse croûte de discours” (Italo Calvino) qui pèse de plus en plus sur le monde et nous aveugle, et pénétrer plus profondément la réalité? Tel est mon questionnement depuis le début des années 90. Je ne prétends nullement nier le caractère vital du mot pour l'homme. Au contraire, en faisant qu'il devienne le moyen même de son propre dépassement j'en souligne la valeur.

Dans mes œuvres le mot est tantôt présent en tant que tel tantôt juste suggéré mais toujours investi d'une présence silencieuse ou mieux d'une présence qui s'efforce d'éveiller le silence plutôt que de le combler. Je considère cette présence comme essentielle pour repenser notre relation avec le mot et approfondir notre expérience de la réalité.

Je travaille sur de petits objets comme sur de grandes installations étudiés généralement en relation étroite avec le lieu et son public. Beaucoup de mes travaux récents sont réalisés à partir de dictionnaires ou d’alphabets. Ceux-ci m’intéressent non seulement parce qu’ils représentent l’essence d’une langue mais aussi parce que, hors contexte, ils recèlent à la fois une forte ambiguïté et un riche potentiel que je m’efforce d’exploiter visuellement pour stimuler l’œil comme l’esprit, et éveiller chez le spectateur des résonances ou un questionnement nouveaux.
(Note de l'artiste)


Cécile Andrieu  - Soufflare

Vernissage Jeudi 8 septembre 2016 de 16 à 21h
 Exposition jusqu’au 8 octobre 2016

Galerie Depardieu - 6, rue du docteur Jacques Guidoni (ex passage Gioffredo)
06000 Nice
tél 09 66 89 02 74 - galerie.depardieu@orange.fr www.galerie-depardieu.com

mardi 30 août 2016

Le film de la plus grande exposition d’art contemporain de l’été de la Côte d’Azur

Parmi les 15 expositions d’art contemporain qu’organise l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne à l’occasion des soixante-dix ans de sa fondation, la plus impressionnante se situe à Menton. Elle fermera ses portes le 28 septembre prochain.

Fidèle à ses parrains fondateurs Henri Matisse et Pierre Bonnard et aux critères qu’ils ont imposés à l’UMAM, c’est un mélange d’artistes d’une célébrité internationale et de jeunes créateurs au talent exceptionnel. Plus de cinquante artistes présentent plus de cent œuvres inédites.

Ces œuvres on peut les retrouver au Palais de Carnolès, le musée des beaux-arts de Menton, dans les jardins Biovès, sur le parvis du musée Jean-Cocteau et sur l’esplanade Francis Palmero, face à la mer.

Des milliers de visiteurs se sont précipités depuis le 5 juin dernier, mais peut-être la distance vous a empêché de vous y rendre. Nous vous proposons de vous promener dans cette exposition au travers d’un film réalisé le jour de son inauguration où le maire Jean-Claude Guibal et la présidente de l’UMAM, Simone Dibo-Cohen rencontraient les artistes et leurs œuvres. Bonne visite (le film réalisé par Pixel Communication dure 35 minutes), et si vous êtes sur la Côte, tout est encore en place. N’hésitez pas



vendredi 12 août 2016

Succès du vernissage de l'UMAM à Aspremont.


Pas évident d’organiser une exposition d’art contemporain à la veille d’un pont férié ! Mais le succès a été au rendez-vous grâce à la volonté de Simone Dibo-Cohen, la présidente de l’UMAM et à la municipalité d’Aspremont dans un lieu magique.
Nous avons déjà publié les œuvres des artistes de grand talent, voici donc les artistes tous présent et les nombreux visiteurs venus pour cette exposition. Mais l’UMAM continue à fêter les soixante-dix ans de sa fondation par d’autres manifestations.
Alors quelques vues du public et des artistes. L’exposition est ouverte jusqu’au 11 septembre de 14h30 à 18h30 avec les œuvres de Marc Alberghina, Gérard Haton-Gauthier, Jacqueline Matteoda, Béatriz Moreno, Jonathan Ribeiro et Dan You .







jeudi 11 août 2016

C'EST DEMAIN A 19 HEURES

Avant-dernière exposition des 70 ans de la fondation de l'UMAM
fondée sous le parrainage de Matisse et Bonnard en 1946.


Chapelle des Pénitents Blancs d'Aspremont
Avec les œuvres de Marc Alberghina, Gérard Haton-Gauthier, Jacqueline Matteoda, Béatriz Moreno, Jonathan Ribeiro et Dan You 


Via M14 : 27 minutes
Via M914 et M14 : 29 minutes
Via Avenue de Rimiez et M14 : 33 minutes
Par l'autoroute :
- sortie St Isidore,  puis route de Grenoble (direction Digne), enfin tournez à droite direction Colomars.
- sortie Nice-Nord, puis direction Gairaud et M14.
 


mercredi 10 août 2016

Dan You - UMAM 70 ans - Aspremont

Œuvres Numériques, peintures acryliques et fusains ou encore résines pour ses sculptures Extensions.

Plus que jamais, Daniel You affirme son style dans le métissage des techniques qu’il utilise afin de dessiner, peindre, modeler et sculpter les êtres et les choses tels qu’il les ressent.


Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Marc Alberghina - UMAM 70 ans - Aspremont


Séduire et horrifier

La déchéance du goût, du style, du savoir-faire, qui caractérise la production mercantile actuelle de Vallauris, lieu-symbole où Marc Alberghina a choisi de s’établir, est devenue, aussi paradoxal qu’il puisse paraître, l’un de ses sujets de réflexion privilégiés. Les artistes-potiers au talent inspiré et à la forte personnalité – actifs dès les années 40 dans ce village qui était alors un lieu de villégiature méditerranéenne et de création artisanale liée à une tradition de poteries utilitaires – ont été supplantés progressivement à partir des années 70 par d’autres qui, obsédés par le commerce et sous la pression des lois du tourisme de masse, ont vite appliqué les règles du «vite fait, mal fait» au plus bas prix, au détriment d’une expression personnelle novatrice, nécessairement plus dérangeante. La position volontariste de résister à cet état de fait en le contestant de l’intérieur est assumée aujourd’hui par Marc Alberghina, avec panache. Loin de lui l’envie de déclarer la guerre à sa communauté, mais plutôt celle de témoigner de ce qui a été et de ce qui n’est plus en rejouant, avec la distance calculée d’une technique très maîtrisée, les codes de cette décadence inéluctable – les émaux trop immédiatement faits pour épater, le clinquant des dorures surabondantes, les formes dites « libres » sous prétexte qu’elles sont déstructurées, ramollies et d’un baroquisme débridé – afin de faire collectivement réfléchir et tenter de reconstruire sur les décombres.


Avec opiniâtreté, Marc Alberghina construit jour après jour un art de la polémique des plus exigeants, position très peu explorée dans la céramique française actuelle, mais qui n’est cependant pas sans lien de filiation possible. Pour exemple, depuis les années 70, d’abord en terre puis avec du béton teinté, le sculpteur-céramiste Pierre Baey a construit une œuvre de premier ordre mêlant le païen et le sacré, avec une insolence et un sens de la provocation visuelle qui pourraient être comparés. Plus sûrement encore, Marc Alberghina peut trouver ses alliés d’expression dans la lame de fond que fut la figuration à visées politiques qui s’est imposée aux Etats-Unis à la fin des années 60, principalement sur la côte Ouest où de grands sculpteurs-céramistes de la Funk Generation, tels que Robert Arneson et Richard Notkin, ont su constituer une vision critique décapante de notre société basée sur l’idolâtrie, le cynisme et la surconsommation.

Les récentes œuvres de Marc Alberghina constituent un savant jeu de mise en scène de l’inconscient collectif, tant elles arrivent à faire surgir – à « manifester » – les non-dits, les travers paranoïaques ou schizophréniques de l’être humain. Une série de trois bustes somptueux aborde le thème de l’autoportrait, mais présenté dans une situation de camouflage, le visage étant dérobé à la vue et comme équipé pour aller au-devant d’un danger : ces bustes, moulés très classiquement en biscuit de faïence avec des piédouches richement émaillés, ont en effet leur face «oblitérée» par un grand ovale plat occultant les traits du visage (en référence peut-être aux célèbres Oblitérations du sculpteur Sacha Sosno). Cette forme-miroir étrange – parce qu’opaque – paraît là également pour étouffer un cri : on imagine en son revers une expression faciale décomposée par l’effroi, à la manière des si singulières Têtes de caractères grimaçantes qui furent sculptées au XVIIIème siècle par l’autrichien Franz-Xaver Messerschmidt. Cet effacement volontaire de soi est à considérer moins comme un jeu de mascarade que comme la nécessaire imposition d’un bouclier, d’un pare-choc protégeant l’artiste des éventuels regards réprobateurs ou inquisiteurs, voire des quolibets, crachats ou projectiles de toutes sortes, auxquels il semble s’attendre et, en conséquence, se préparer. En interposant ainsi entre lui-même et la vindicte populaire cette sorte de plaque-écritoire, pouvant faire office de cahier de doléances ou de «livre d’or» à vertu cathartique, l’artiste s’érige manifestement en bouc-émissaire. Autre indicateur d’une tension dramatique extrême, sur chacun de ces portraits en bustes, un cœur-organe couvert d’émaux flammés vient se greffer au torse tel un bijou-projectile, terrible et sanguinolent comme s’il venait d’être fraîchement extirpé du corps humain… De tels dispositifs métaphorisent l’artiste en cible émouvante, et cette théâtralité abstraite met en exergue un rapport ambivalent devenu le fil rouge de l’œuvre entière : un désir d’exposition/exhibition de soi contrarié par la volonté farouche du retranchement, du repli. Dans la spectaculaire trilogie des Saint Sébastien, c’est son corps entier que Marc Alberghina offre maintenant symboliquement en pâture, qu’il moule en positions renversées, d’abord en arrière puis replié en avant, décapité ou bien le visage zippé recouvert d’un capuchon. Il endosse – au sens littéral – les positions du saint-martyr et du soldat combattant, ployant sous les jets d’organes sanglants cette fois lancés en rafale, se présentant en cible idéale pour le ressentiment et le défoulement collectif. Il faut rappeler, à ce moment précis, qu’une des œuvres de l’artiste avait été volontairement détruite par un visiteur resté anonyme, il y a de cela quelques années, lors d’une exposition-biennale à Vallauris…

Tout en surfant en conscience sur un excès de sensationnalisme, Marc Alberghina adopte une esthétique qui pourrait être qualifiée de « décadente » si elle n’était pas aussi cultivée, emplie de références iconographiques à l’art ancien – celles des ex-voto, des vanités, ou de la figure du martyr, parmi d’autres – et imprégnée des textes et rituels de la religion catholique. Sachant parfaitement trouver sa place aux cœurs des représentations et des enjeux de l’art actuel, il sait mieux que personne flirter également avec les réminiscences kitsch, sans pour autant tomber au creux d’une vague qu’il s’applique au contraire à dénoncer. Grâce à l’élégance visuelle et au sens aiguë de la narration qui le caractérisent, il évite toujours « sur le fil » les écueils du scabreux ou du racolage facile. Il sait tenir admirablement le regardeur (le voyeur ?) en alerte – pour ne pas dire en haleine – par sa façon très personnelle de fixer les sensations physiques et les sentiments humains en formes sculpturales, aussi directement assimilables par l’œil contemporain qu’un arrêt sur image en provenance du zapping télévisuel. Parce qu’elle témoignent d’un imaginaire héroïque plongeant au cœur des mythes de l’humanité, ses sculptures semblent en effet résulter d’actions brutales de performances venant tout juste de se dérouler en direct sous nos yeux, qui nous auraient laissées pantois ou offusqués, et nous obligeraient par là-même à sortir de notre habituelle léthargie pour réagir, pour ou contre. Les performances d’artistes conceptuels tels que Marina Abramovic ou Jan Fabre – explorant les mêmes territoires extrêmes de la violence physique, prêts à mettre leur vie en danger pour faire éprouver à leur auditoire le dénuement du corps, révéler l’instinct de mort en tout un chacun, faire ressentir aussi le « frisson » de la vie, dans toute sa sauvagerie animale – doivent avoir sans doute retenu l’attention de Marc Alberghina, et l’inspirer dans sa pratique sculpturale.

Il faut certes avoir une certaine sensibilité au macabre – ou du moins à la beauté convulsive – pour apprécier des œuvres explorant ainsi, sans concession, les désordres physiologiques ou psychologiques de l’être : la fragilité, la peur de la mort, la menace de l’anéantissement pèsent constamment sur ces représentations du corps fragmenté, lorsque celui-ci n’est pas déjà réduit à l’ossuaire, comme dans L’Usine ou dans Cycle… Avec chaque fois plus de virtuosité et de contrôle des effets, Marc Alberghina déploie dans l’espace des figures fantomatiques pétries par la véhémence de sa rébellion contre les hypocrisies et les intolérances, mais façonnées également par les forces obscures de la dépression collective qui, telle une ombre portée, nous tirent tous vers le bas. Une confusion des sentiments s’installe durablement à la vision de cette œuvre fertile et éprouvante, subtile métaphore de nos combats intérieurs. Un concentré du Paradis et de l’Enfer, en somme…

Frédéric Bodet

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Jacqueline Matteoda - UMAM 70 ans - Aspremont

Être ouvert à tout ce qui vous entoure, avoir la perception de l'exceptionnel fait que l'on rencontre des objets, des matières, souvent rejetés et tout devient évident ...




Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Gérard Haton-Gauthier - UMAM 70 ans - Aspremont

Gérard Haton-Gauthier est né à Dijon en 1952. Il vit et travaille depuis 1982 à Roquebrune Cap Martin et enseigne à l’École d'arts plastiques de Menton.
Au fil des années, le noir s’impose dans les différentes représentations, encre de Chine, fusain et pierre noire sur toile ou papiers marouflés. La lecture proposée n’en est que plus directe.
Aborder le sujet jusqu’au plus profond de l’âme est l’élément essentiel de la démarche.
Sans artifice l’œuvre s’affirme d’elle-même dans sa poésie et son message.
Les sculptures sont le reflet des œuvres peintes ; tôles d’acier noires, acier inox, verre acrylique donnent le ton. Le rond de bosse laisse place à des formes épurées par la découpe au trait de contour.
Le travail préliminaire des œuvres est le plus souvent réalisé sur des carnets ce qui le dirige vers la conception et la réalisation de livre d'artiste ; les textes ou les phrases sont des extraits d'émotions choisies ou de réflexion personnelles. Les livres deviennent objets, boîtes à secrets, boîtes à rêves.


Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.


Beatriz Moreno - UMAM 70 ans - Aspremont

L’univers de Beatriz Moreno est un univers inquiétant. Dans la vieille demeure de famille, baignée de nuit, sous un ciel sans étoiles, les ancêtres revivent d’une vie inhabituelle. Plus qu’un rêve, il s’agit d’une mise à nu de leur véritable identité. On ne connait jamais personne. Encore moins les morts, ceux de l’an passé comme ceux des siècles désormais évanouis dans la poussière du temps. Un long et impossible frisson nous traverse. Les voilà donc, rendus à leur vérité, arborant enfin leur vrai visage. Il était chat et le voilà chat. Au siècle des siècles. Il était loup. C’est pour l’éternité. Il était papillon. Il le demeurera. Hiératiques, hautains, bardés de fer ou de taffetas, je viens d’eux, de leur dérisoire splendeur.


Rien de monstrueux là pourtant. Inquiétant certes mais d’une beauté qui est celle que confectionnent les songes. Il s’agit de fixer la terreur, de lui donner image. Enfants, nous aimions le diable, les chimères et les croque-mitaines, les bêtes fabuleuses. Enfants, le péché nous hantait. L’art de Beatriz Moreno est très catholique. Au sens d’universel mais aussi au sens où, au moyen d’un travail étonnamment minutieux, revit devant nous la grandeur séculaire de l’Espagne. La photographe artiste se mesure à son passé, à celui des vieux palais et des tours de Tolède. Tout un cortège d’ombres... toute une merveille éteinte. Et eux à face d’autruche ou de lémurien, figés, grotesques... On songe à certaines pages de La route des Flandres par Claude Simon. On songe évidemment à Jérôme Bosch, à Francisco de Goya, à Salvador Dali. Sur le plan photographique, Beatriz Moreno a été marquée par Julia Margaret Cameron, Fox Talbot, Eugène Atget. Entre autres.
Les sentinelles de Tellus montent la garde. Tellus était la divinité romaine de la terre, la Gaia des Grecs. Tellus fit sortir du sol toutes les générations, les reprit ensuite pour en dissoudre les éléments et en tirer des existences nouvelles. Tellus a représenté le monde des morts en compagnie des Mânes. Tellus était associée à l’union maritale et à la procréation. Mort et vie. Là où elles se rencontrent. On invoquait Tellus avant de procéder à la moisson. On nommait la terre et on la touchait avec ses mains. Saint-Augustin l’évoqua, en la divisant entre son principe masculin et son principe féminin.

C’est un message muet qui nous est adressé, une mise en garde, un appel, un commandement. « Linquitur ut merito maternum nomen adepta terra sit, e terra quoniam sunt cuncta creata » écrit Lucrèce dans de Natura Rerum (V, 796). Il reste que c’est à juste titre que la terre a reçu le nom de mère, puisque tout est produit par la terre. » L’invention des sentinelles par Beatriz Moreno et donc le titre qu’elle a choisi s’expliquent ainsi, par la conscience aigüe qu’elle a des dangers qui menacent notre planète. Tellus Mater est celle grâce à qui le cycle vie/mort/renaissance peut exister. Tellus est « l’arbitre souveraine du monde, refuge des morts et régulatrice du renouvellement des existences. » Elle est passeuse de mondes, ordonnatrice des grandes mutations du vivant.

Il y a message mais c’est peut-être aussi à une nouvelle foi que nous appelle Beatriz Moreno, à une nouvelle mouture du culte ancien. Il ne s’agirait alors pas seulement de s’ouvrir à la gravité de la déesse et de ses sentinelles mais de répondre à une invite : celle d’en être, de les rejoindre. Réaliser en nous la fusion de l’animal et de l’humain, pour une nouvelle expérience du monde, pleinement poétique cette fois.

Eric Paul

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

mardi 9 août 2016

Jonathan Ribeiro - UMAM 70 ans - Aspremont

Jonathan Ribeiro est né dans le sud de la France en 1987. Fils unique d'une famille aimante et unie, il grandit sur un socle religieux fort, porté par ses grands parents. Lui, n'a jamais cru. Il s'est pourtant toujours interrogé et intéressé à la théologie.

 Hors du cocon familial, sa jeunesse se révèle plus chaotique et violente. Il se passionne entre autres pour la philosophie, puis pour la métaphysique. La vie, la mort. Des questions sans réponse qui le torturent depuis toujours. 

 Ce repli sur soi l'entraîne alors vers des univers sombres, intimistes, imaginaires ou virtuels, qui ont tous contribué à fonder son identité artistique.
La violence à laquelle il fut confronté l'a poussé à se créer un monde où se mêle la violence contemporaine et la puissance des sentiments humains.


 La barbarie du monde l'intrigue et le fascine à la fois. Les jeux vidéos, le cinéma, la musique et les faits divers sont autant de pièces qui composent la personnalité de Jonathan Ribeiro.
Il n'est pas étonnant de trouver parmi ses principales influences des personnages tels que Joel-Peter Witkin, Gregory Crewdson, ou encore Friedrich Nietzsche.

Nous sommes dans un monde en crise, baigné de haine et de violence. La démarche de Jonathan Ribeiro est de catalyser ces émotions négatives. Les figer. Et les sublimer.

E.D.

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

dimanche 7 août 2016

Comment vous rendre à l'exposition UMAM d'Aspremont


Avant dernière exposition des 70 ans de la fondation de l'UMAM à Aspremont.
Vernissage vendredi 12 août à 19 heures
Chapelle des Pénitents Blancs d'Aspremont
Avec les œuvres de Marc Alberghina, Gérard Haton-Gauthier, Jacqueline Matteoda, Béatriz Moreno, Jonathan Ribeiro et Dan You

Via M14 : 27 minutes
Via M914 et M14 : 29 minutes
Via Avenue de Rimiez et M14 : 33 minutes

Par l'autoroute :
- sortie St Isidore,  puis route de Grenoble (direction Digne), enfin tournez à droite direction Colomars.
- sortie Nice-Nord, puis direction Gairaud et M14.

mardi 5 juillet 2016

Nice : Prix de la Jeune Création Contemporaine 2016

Adrien Menu, lauréat du Prix de la Ville de Nice, est sculpteur.
Il développe un travail entre cuisine et chambre, lit et cimaise, table et tableau. Entre paysage et sculpture, fantôme et squelette. Chez ce jeune artiste, tout relève d’une zone intermédiaire qui déjoue les définitions et les immatriculations. Entre-deux fragile. Espace-temps en devenir. Caresses infra minces. Adrien Menu a reçu une bourse de 1.500 euros et sera invité en résidence pendant un an pour produire une exposition en octobre 2017, avec Mathilde Dadaux à la galerie de la Marine.

Mathilde Dadaux, lauréate du prix de la Venet Foundation est une artiste performeuse.
Chez elle, tout respire la légèreté et l’insinuation plutôt que les prises de positions spectaculaires et tonitruantes. Provoquer un courant d’air au 3e étage de la Cité radieuse à Marseille, inviter des personnes à se promener main dans la main et à converser sur les terrasses de la Villa Arson. Reprendre la performance de Marina Abramovic de 1975, Lips of Thomas, mais en la détournant. Jouer avec son corps, le corps de l’autre et avec le corps des mots (seins doux et saindoux). Toutes ces actions sont empreintes de délicatesse et de volupté vaporeuse. Mathilde Dadaux a obtenu une aide à la création de 2.000 euros pour lui permettre de continuer ses recherches qui seront restituées lors de l’exposition d’octobre 2017 à la Galerie de la Marine.


Les 70 ans de l'UMAM à Saint-Tropez

Petite promenade photographique réalisée par Patrick Wack à l'occasion du vernissage de la 12eme exposition célébrant les 70 ans de la fondation de l'UMAM.
Alain BELLINO, Matteo CARRASSALE, Jean-Marie CARTEREAU, Gérard HATON-GAUTHIER, KKF, Marc GAILLET, Alain LESTIE, Miguel MARTIN, Anthony MIRIAL, Gilbert PEDINIELLI, Patrick SCHUMACHER et Patrick WACK ont présentés leurs œuvres dans Le Jardin Public, 17, rue des Tisserands.
Elles sont visibles jusqu'au 17 juillet.








mercredi 29 juin 2016

Décès de la chanteuse lyrique Dany Barraud

Dany Barraud est décédée dimanche soir après avoir célébré son quarantième anniversaire de mariage avec Jean-Marie Gueit.
Notre ami Jean-Marie est un membre de l'UMAM.
Une cérémonie aura lieu samedi 2 juillet à 10 heures à l'église Saint-Michel au cœur de la vielle ville de Villefranche-sur-Mer.
Vous pouvez contacter Jean-Marie : gueit.jean-marie@orange.fr.

Article publié dans Nice-Matin


12eme exposition des 70 ans de l'UMAM à Saint-Tropez.


Après Beyrouth, Paris, Marseille, Nice, Menton, Villefranche-sur-Mer l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne présente sa douzième exposition à l’occasion de la célébration de sa fondation par Matisse et Bonnard en 1946.

Douze artistes contemporains vont être exposés du 1er au 17 juillet à la galerie Jardin Public à Saint-Tropez, 17 rue des Tisserands.

Le Vernissage va avoir lieu lundi 4 juillet à 19 heures en présence des artistes et animé par le Boatpeople Music Band.

Artistes : Alain BELLINO, Matteo CARRASSALE, Jean-Marie CARTEREAU, Gérard HATON-GAUTHIER, KKF, Marc GAILLET, Alain LESTIE, Miguel MARTIN, Anthony MIRIAL, Gilbert PEDINIELLI, Patrick SCHUMACHER, Patrick WACK.




mardi 28 juin 2016

Cannes : "Salvador Dali ou l'ivresse des rêves"

Du 25 juin au 30 octobre 2016, le Centre d'art Malmaison présente Salvador Dali ou l'ivresse des rêves.

Avec plus de 170 œuvres gravées du maître surréaliste espagnol provenant de la collection Jean Ferrero, l'exposition revêt un caractère rétrospectif. Cette collection est accompagnée d’œuvres sur papier, dessins et aquarelles, ainsi que des huiles sur toile issues de collections privées françaises.

Centre d'art La Malmaison - 47 boulevard de la Croisette  - Cannes
Centre d'art La Malmaison



Aubagne : "Beau geste, Hans Hartung, peintre et légionnaire"

Cette double exposition tend à confronter deux versants de l'oeuvre d'Hans Hartung.

D'un côté, sa production tantôt abstraite et tantôt figurative de la Seconde Guerre mondiale, marquée par son engagement dans la Légion étrangère, sera présentée au Musée de la Légion étrangère.

De l'autre le centre d’art les Pénitents Noirs accueillera des productions de la dernière partie de sa vie, dans le Sud de la France. Infirme suite à son amputation en 1944, diminué par la vieillesse, il continue à peindre à 85 ans des œuvres extrêmement énergétiques voire monumentales.

Quelques semaines avant sa disparition, en 1989, il réalise des toiles de 5 mètres sur 3, des dimensions inédites en plus de 70 ans de parcours artistique.

La double exposition du Musée de la Légion étrangère et du Centre d’art les Pénitents Noirs de la Ville d’Aubagne, qui se déroulera en 2016, tend à confronter, sur ces deux espaces, deux parties de sa production artistique.


La désolation de la guerre au musée de la Légion étrangère.

Période figurative de la Seconde Guerre mondiale, marquée par son engagement dans la Légion étrangère au sein de laquelle il a servi par deux fois. Allemand de naissance, Hartung s’est engagé contre le nazisme. Le 20 novembre 1944, à 40 ans, brancardier sur le front, il est blessé et amputé de la jambe droite.

Ces années de guerre constituent une parenthèse dans son parcours artistique, mais elles lui donnent l’occasion de produire des œuvres d’une grande singularité : il continue ses recherches abstraites, mais la guerre marque aussi un retour à la figuration avec une importante série de visages de profil, d’une formidable intensité visuelle.

Pièces d’archives et d’œuvres de la période 1939-1945, seront présentées au Musée de la Légion étrangère.
Musée de la Légion - Chemin de la Thuilière - 13400 Aubagne

Les sublimations du Sud au centre d’art les Pénitents Noirs.

A compter de 1973, Hans Hartung, devenu « pape de l’abstraction », s’installe dans la magnifique villa d’Antibes. Diminué physiquement, de plus en plus handicapé par son infirmité, il parvient pourtant à mettre en place des moyens de création qui subliment cette invalidité.

Ses œuvres gagnent en ampleur et en puissance grâce, entre autres, à des systèmes de projection, notamment, des balais de genêts (branchage d’arbustes) et de sulfateuses, qui lui permettent d’appliquer la peinture sur la toile ou de la pulvériser à distance.

Afin que le visiteur prenne la pleine conscience de la soif et de l’urgence de créer de l’artiste, Fabrice Hergott a choisi de s’arrêter sur 4 journées de juillet au cours desquelles Hans Hartung a créé dans la profusion ou « frénétiquement ».

Centre d’art les Pénitents Noirs - Les aires Saint-Michel - 13400 Aubagne